Burnout parental: être à bout de ses enfants…

Burnout parental: être à bout de ses enfants…

Être parent, c’est un cadeau inouï, une source de bonheur à plusieurs égards. Plusieurs

s’accordent pour dire que c’est d’ailleurs le plus beau métier du monde, mais aussi le plus

exigeant. Et hélas, il entraîne parfois un profond surmenage. Coup d’oeil sur une réalité encore

peu connue : le burnout parental.

Le burnout parental, c’est quoi?

« L’épuisement parental provient des exigences qu’on a ou qu’on se met par rapport à la famille.

On le caractérise surtout par trois éléments : l’épuisement, la distance affective avec nos enfants

ainsi que la perte d’efficacité et d’épanouissement dans son rôle de parent », explique la

psychologue Sylvie Boucher.

Lorsqu’on parle d’épuisement, la psychologue cite en exemple le parent fatigué, épuisé, irritable,

qui a l’impression de ne plus arriver à réfléchir, et peut aussi avoir de la difficulté à bien dormir.

Son épuisement se manifeste au niveau émotionnel, cognitif et/ou physique.

En ce qui a trait à la distance affective qui survient, le parent n’a plus l’énergie pour s’impliquer

autant. Il fait le minimum. Il se sent moins proche.

Au niveau de la perte d’efficacité et d’épanouissement, il peut s’agir du parent qui ne se reconnaît

plus vis-à-vis ses enfants. Il a l’impression de ne plus être un bon parent, de ne pas ressentir de

plaisir ni d’épanouissement dans son rôle parental.

Un déséquilibre entre les exigences et la réalité

Tout comme pour le burnout professionnel (qui se manifeste en lien avec le travail), Sylvie

Boucher parle d’un déséquilibre et de l’importance de s’en rendre compte. « Dans beaucoup de

cas, c’est qu’on veut être un parent parfait, donc il y a un déséquilibre entre les exigences que

l’on s’impose et la réalité de ce qu’on est capable de faire. »

« Est-ce que ça existe être à bout de ses enfants ?»

— Carolyne (nom fictif), 34 ans, mère de deux enfants de 5 et 2 ans.

Carolyne (nom fictif), 34 ans, mère de deux enfants de 5 et 2 ans, est de ces personnes qui, à un

moment, a senti qu’il y avait quelque chose qui clochait. Elle se sentait dépassée par son rôle de

mère. Dépourvue. Submergée par ses responsabilités parentales. Bien qu’heureuse en couple,

elle ne trouvait plus son bonheur à la maison avec ses jeunes. Son travail était une délivrance.

« Un jour, j’en ai parlé à une collègue et lui ai demandé : est-ce que ça existe être à bout de ses

enfants », confie-t-elle.

Agir et lâcher-prise

Tel que souligné par Moïra Mikolajczak et Isabelle Roskam, coauteures du livre « Le burn-out

parental : l’éviter et s’en sortir », le burnout peut avoir des conséquences graves sur le parent

(problèmes de santé, dépendancesE), sur le couple (irritabilité, conflits, divorceE) et sur la

relation parent-enfant (négligence, violence). Agir pour s’en sortir est vital.

La psychologue Sylvie Boucher reconnaît qu’« aujourd’hui, nombreux parents ne s’assoient pas

pour réfléchir à leur vie. Ils essaient de fournir, de remplir toutes les exigences, donc ils courent

continuellement. Et c’est alors qu’arrive un déséquilibre entre les exigences et les ressources ».

Quoi faire lorsqu’on sent un déséquilibre? D’abord, il faut identifier le ou les problèmes (ou du

moins essayer). Mme Boucher avoue que dès qu’une problématique est détectée, il y a un

certain soulagement qui survient. En outre, il faut abaisser ses exigences. Puis, il importe de

demander de l’aide.

Quelques trucs pour s’en sortir

C’est d’ailleurs avec le soutien d’une psychoéducatrice que Carolyne dit maintenant voir de la

lumière au bout du tunnel.

« Elle m’aide à établir des priorités qui permettent de mieux me sentir, à lâcher-prise sur

certaines choses, à être moins exigeante envers moi et, du même coup, les autres. J’apprends à

faire des deuils comme celui de la maison propre, mais je mets en pratique maintenant des trucs

pour délimiter les jouets à un endroit. Je ne m’en fais plus si le souper n’est pas prêt à l’heure

souhaitée, je donne des crudités en attendant. Je fais maintenant des activités avec un enfant à

la fois, ce qui me permet de passer du temps de qualité avec chacun. Et aussi, je prends du

temps pour moi. »

Carolyne a aussi trouvé son salut dans l’activité physique. « Je sors courir, par exemple. Ça aide

vraiment! Le sport m’aide non seulement sur le plan physique (l’énergie et le sommeil), mais

aussi sur le plan psychologique; bien-être, réflexion, et ce fameux lâcher-prise! »

Pas de parent parfait

Le parent parfait n’existe pas. Afin d’éviter de craquer, de sentir qu’on voudrait démissionner de

son rôle de parent, Sylvie Boucher juge important de miser sur la prévention.

Elle recommande de prendre des pauses pour faire un bilan, de se questionner à savoir s’il y a

des choses qu’on pourrait faire autrement…

« On n’a pas besoin d’être un parent parfait, mais un parent suffisamment bon », tranche la

psychologue.

Pour en savoir plus sur le sujet

Livre : « Le burn-out parental : l’éviter et s’en sortir » de Moïra Mikolajczak et Isabelle

Roskam, Éditions Odile Jacob, 2017. Il a pour but d’aider à comprendre le burn-out parental, qui

toucherait autant les femmes que les hommes, et présente des conseils concrets pour s’en sortir.

Application gratuite pour tester son niveau d’épuisement parental : Dr Mood Burnout

Parental