Surprotection: comment lâcher prise en tant que parent?

« Il faut arrêter de capoter, d’avoir peur, et faire confiance à nos enfants », lance la blogueuse

Bianca Longpré, à propos de la tendance des parents à surprotéger leur progéniture. Entrevue

avec une maman ordinaire qui se dit « à boutte » de l’hyper sécurité et qui a décidé de lâcher

prise.

Blogueuse, chroniqueuse, auteure et productrice, Bianca Longpré fait rigoler les internautes avec

ses publications humoristiques sur Facebook qui racontent les hauts et les bas de sa vie de

maman de 3 enfants et belle-mère d’un grand adolescent.

Elle a déjà fait partie de ces parents prêts à tout pour éviter le moindre petit bobo. Verrous,

casque de vélo, savon antiseptique, bodyguard, papier bulle+ On exagère à peine! « J’étais

tellement protectrice pour mon premier enfant. Je mettais des barrières partout. Puis arrive le

deuxième, et on a moins le temps. Et au troisième enfant+ on essaie juste de garder tout le

monde en vie (rires) ».

« Aller au parc seul à 8 ans, ou grimper dans un arbre, c’est aventureux. Grimper dans un arbre

en feu, ÇA, c’est dangereux! »

– Bianca Longpré

Elle est donc bien placée pour comprendre la position des parents qui font tout pour éviter à leurs

petits de se blesser. Mais elle les invite tout de même à lâcher prise. « Il faut arrêter ça. On est

en train de scrapper nos enfants avec la surprotection. Rappelez-vous comment c’était dans

notre temps, et ce que ça nous a apporté. On a appris à bouger, à se débrouiller, à être

autonome, à être créatif, à faire des choix. Et quand on grandi, c’est juste ça la vie, faire des

choix! »

La différence entre risque et aventure

Selon elle, les parents auraient avantage à relativiser. « Il y a une différence entre jeu

d’aventures et jeu dangereux. Aller au parc seul à 8 ans, ou grimper dans un arbre, c’est

aventureux. Grimper dans un arbre en feu, ÇA, c’est dangereux! »

LE JEU D’AVENTURE

Ce qu’on appelle le jeu d’aventure (ou « risky play » en anglais) consiste à laisser son enfant, dans une certaine

mesure, prendre des petits risques physiques en jouant.

Il peut s’agir de sauter de haut, de se balancer, de jouer sur un terrain qu’il connaît peu, de grimper, de courir, de

glisser. Le jeu d’aventure est physique.

LE JEU LIBRE

Le jeu libre peut être physique ou statique. Il peut prendre place à l’extérieur ou dans la maison. Pour le parent,

favoriser le jeu libre, c’est chose facile (du moins, en apparence!) : suffit de laisser aller le jeune dans les décisions

de son jeu.

Le véritable danger : les écrans

Bianca Longpré ramène la problématique du temps-écran sur le tapis. Certains parents croient

leurs enfants en sécurité sur le divan, devant la télé. Pourtant, le risque est certainement plus

grand de laisser son enfant inactif devant un écran que de l’envoyer jouer dehors sans

supervision. « Se fouler une cheville, c’est moins grave qu’être sédentaire », lance-t-elle.

Elle considère les écrans comme une solution facile pour le parent, mais dommageable à long

terme. « Moi aussi, je mettrais mes enfants devant la télé souvent en tabarouette, parce que c’est

plus facile à gérer. Mais j’aime mieux les voir s’ennuyer que de végéter devant la télé ».

5 trucs de mère de Bianca Longpré pour en finir avec la surprotection

1. Se calmer

« Pour passer par-dessus mes peurs, je dois arrêter d’imaginer le pire. Je me rappelle ce que je

faisais à leur âge. En plus, on transmet souvent nos peurs à nos enfants et je ne veux pas que ça

arrive, alors je me calme. »

2. Apprendre aux enfants à faire face aux risque

« Si on a peur qu’un étranger aborde notre enfant au parc, on doit bien le préparer à cette

situation. On aura davantage confiance si on sait que notre enfant est prêt. »

3. Faire confiance au papa

« Je ne veux pas généraliser, mais c’est bien souvent les mamans qui sont plus inquiètes. Les

pères laissent souvent plus de lousse, et permettent des jeux plus aventureux. Il faut lui faire

confiance. »

4. Ne pas se remettre en question

« Je laisse ma fille grimper aux arbres et je sens parfois le regard inquiet des autres parents.

J’essaie de ne pas me remettre en question. Je sais que c’est la bonne chose pour elle. »

5. Faire des semaines sans écrans

« On a le sentiment que les enfants sont en sécurité devant l’écran, mais c’est faux! Les

semaines sans écrans nous permettent de laisser plus de liberté à nos enfants+ parce qu’on finit

par être tannés qu’ils nous tournent autour! Allez jouer dehors! »